RCEA : la fin programmée de la « route de la mort » entre la Saône-et-Loire et l'Allier

Actualité du 12/06/2026

Axe de transit européen majeur et tristement célèbre pour sa dangerosité, la Route Centre Europe Atlantique (RCEA) s'apprête à tourner l'une des pages les plus sombres de son histoire. Le chaînon manquant de cet itinéraire reliant la façade Atlantique à l'Europe centrale va enfin disparaître. Sur un tracé global de 180 kilomètres reliant la Saône-et-Loire à l'Allier, seuls neuf kilomètres échappaient encore à une configuration moderne et sécurisée. Ce goulot d'étranglement, situé précisément entre les localités de La Fourche et du Col des Vaux, va être élargi pour offrir une continuité totale en deux fois deux voies. Une transformation attendue depuis des décennies par les usagers locaux et les professionnels du transport routier, pour qui ce secteur rimait trop souvent avec drames de la route.

L'avancée de ce dossier majeur s'était heurtée ces dernières années à un imbroglio financier. Le projet de modernisation globale, estimé à près de 397 millions d'euros, s'est retrouvé paralysé par un surcoût technique de 15 millions d'euros que les différentes collectivités territoriales peinaient à acter. C'est finalement un arbitrage direct de l'État qui a permis de sortir de cette impasse administrative de près de trois ans. La préfecture de la région Bourgogne-Franche-Comté a officialisé la prise en charge intégrale de ce reliquat budgétaire par les fonds étatiques. Ce feu vert financier permet de relancer immédiatement la machine opérationnelle, avec le lancement imminent des appels d'offres auprès des entreprises de travaux publics, programmé pour le début de l'été, en vue d'un démarrage effectif des chantiers dès l'automne.

Si ce passage intégral en voies séparées représente une victoire historique pour la sécurité routière, il ne marque pas pour autant l'arrêt définitif des interventions sur cet axe. La configuration à double voie éliminera le risque majeur des collisions frontales, historiquement responsables du surnom macabre de l'axe, mais plusieurs points noirs secondaires doivent encore être traités pour fluidifier totalement le trafic. Les services de l'État devront mener à bien la sécurisation spécifique de la déviation de Charolles, fluidifier la traversée urbaine de Montceau-les-Mines et engager une refonte complète du giratoire Jeanne-Rose à Montchanin, un nœud stratégique où convergent d'importants flux de véhicules légers et de poids lourds.

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