Fin de l'exclusion routière : pourquoi les ZFE s'apprêtent à disparaître

Actualité du 26/01/2026

L'actualité législative vient de marquer un tournant décisif dans la gestion de la mobilité urbaine en France. Hier, la Commission Mixte Paritaire a officiellement validé l'amendement visant à supprimer les Zones à Faibles Émissions, initialement adopté par l'Assemblée nationale en mai 2025. Cette décision s'inscrit dans le cadre du projet de loi de simplification de la vie économique et répond à une grogne sociale qui n'a cessé de croître depuis la mise en place de ces périmètres restrictifs. Pour de nombreux élus, il s'agit d'une reconnaissance pragmatique de la réalité quotidienne des ménages pour qui l'automobile demeure un vecteur de liberté individuelle et une nécessité professionnelle absolue.

Cette victoire politique est aussi celle des collectifs de défense des usagers, à l'image de l'association 40 millions d'automobilistes. Ses représentants ont longuement dénoncé un système perçu comme punitif, créant une ségrégation spatiale et sociale entre les centres urbains hyper-connectés et les périphéries dépendantes du véhicule individuel. Selon les données récentes sur le parc automobile français, près d'un tiers des véhicules en circulation auraient été menacés d'exclusion à court terme, touchant de plein fouet les foyers les plus modestes incapables de financer la transition vers l'électrique. Le président de l'association, Philippe Nozière, martèle qu'une écologie efficace ne peut se construire sur l'exclusion ou l'entrave au droit au travail.

Au-delà de la fracture sociale, c'est l'inefficacité des mesures d'accompagnement qui a précipité ce revirement. Malgré les promesses de primes à la conversion et le développement du leasing social, les budgets publics n'ont pas permis de couvrir l'ensemble des besoins, laissant des millions de Français dans l'impasse. Parallèlement, le déploiement des infrastructures de transports en commun en zone rurale ou périurbaine reste trop lent pour offrir une alternative crédible à la voiture thermique. Ce constat d'échec technique et financier a fini par convaincre les parlementaires de la nécessité de faire machine arrière pour éviter une nouvelle crise sociale majeure.

Toutefois, la prudence reste de mise pour les propriétaires de véhicules anciens. Si le consensus en Commission Mixte Paritaire est un signal fort, le texte doit encore franchir les dernières étapes du marathon démocratique. Les deux chambres du Parlement devront valider définitivement le projet de loi dans les jours à venir. De plus, la menace d'un recours devant le Conseil constitutionnel plane toujours, certains défenseurs de l'environnement pouvant arguer que cette suppression contrevient aux engagements climatiques de la France et au droit à respirer un air sain. Le feuilleton des ZFE n'a donc pas encore livré son épilogue définitif.

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