L'exaspération a fini par l'emporter sur la patience chez les professionnels du transport routier. Face à une augmentation continue et brutale des coûts de l'énergie, les organisations patronales durcissent le ton contre l'inertie gouvernementale. L'Organisation des Transporteurs Routiers Européens (OTRE) en Auvergne-Rhône-Alpes dénonce une situation devenue intenable où les entreprises locales se retrouvent démunies face à des voisins européens bénéficiant de mesures de protection fiscale plus agressives. Cette distorsion de concurrence fragilise non seulement les trésoreries, mais menace directement la pérennité des structures et les emplois qu'elles portent.
Le calendrier de la contestation s'accélère avec des actions ciblées sur des points névralgiques du réseau autoroutier. Le samedi 28 mars, le sud de Lyon et l'agglomération de Clermont-Ferrand seront le théâtre de rassemblements de 9h à 14h. Les perturbations sont attendues sur l'A7 après le pont de Chasse-sur-Rhône ainsi qu'à la jonction stratégique des autoroutes A71 et A89. Ce mouvement ne restera pas isolé puisque l'antenne francilienne de l'organisation prévoit de prendre le relais dès le lundi 30 mars, marquant une volonté de maintenir une pression constante sur les pouvoirs publics au début de la semaine suivante.
Les revendications portées par les manifestants sont claires et s'appuient sur des précédents ayant déjà prouvé leur efficacité. Ils exigent la mise en place immédiate d'une aide forfaitaire par véhicule, calquée sur le dispositif d'urgence de 2022, pour éponger les dettes accumulées ces derniers mois. Au-delà de ce filet de sécurité, c'est une réduction directe et ciblée du prix au litre qui est réclamée. Pour les acteurs du secteur, seule une intervention sur la fiscalité ou le prix de vente peut stopper l'hémorragie des marges bénéficiaires, alors que les coûts d'exploitation atteignent des sommets historiques qui ne peuvent plus être totalement répercutés sur les clients finaux.